|
|
Musique de l'homme mort
Pierre Hemptinne
|
|
Ce n'est certainement pas ainsi qu'il faut parler de la musique de N. Young pour le film "Dead Man". C'est une musique de film totalement atypique. Et, â mon avis, trop rapidement expédiée par la critique. Vite reléguée du côté des curiosités expérimentales" (Le Soir) ou "Au total: sans gravité" (Libération).
Pourtant, voilà un travail d'illustration sonore qui mériterait de faire date. Neil Young ne s'est pas préoccupé des recettes et conventions du genre. Si les compositeurs attitrés de l'industrie du film ont certes leurs griffes, leurs musiques se doivent d'être en retrait, elles complètent l'effet des images, mais ne doivent pas donner des informations trop autonomes qui réquisitionneraient l'attention. Comme on l'a déjà dit, ils doivent faire appel à des "universaux".
Si la musique de Neil Young "colle" parfaitement au travail d'expression de Jarmusch, elle n'en est pas moins une proposition d'interprétation autonome de ses images. Comme si elle n'imposait pas son accompagnement sonore. Quand vous êtes dans la salle de projection, vous avez l'impression que Neil Young est là, qu'il regarde le film en même temps que vous, qu'il improvise sa musique, qu'il vous la propose comme sa vision personnelle du film et qu'il vous demande "est-ce que c'est aussi comme ça que tu le vois" (en général, les musiques de films ne lésinent pas sur les moyens pour matraquer les effets, faire prendre le pathos.)
La musique s'absente, a des éclipses, suit le rythme du film dont les pulsations de l'imaginaire sont données par les "écrans noirs". L'écran , alternativement, s'allume et s'éteint, mais l'histoire continue, comme la musique.
La force originale de cette musique tient probablement au style très idiosyncrasique de Neil Young. Il ne joue pas de manière conventionnelle. Comme si l'utilisation conventielle d'un instrument prédisposait à user de clichés expressifs.
A certains moments, la manière dont il frotte la guitare, pour scruter des effets fantomatiques, fait penser au travail de Caspar Brötzmann avec F.M. Einheit dans le CD "Merry Christmas". En tous les cas, ça mérite mieux qu'un succès d'estime dans une brève chronique...
Pierre Hemptinne |
| moteur de recherche |
| mailing list |
Pour être tenu au courant des publications,
recevoir le programme des événements de
la saison (concerts, débats, expositions) ou pour
être tenu au courant des mises à jour importantes de ce
site, écrivez-nous un petit message
feedback@discographie.be
Aussi: si vous avez des textes publiés qui sont manquants
sur le site envoyez-les nous!
|
|
| ©, termes et conditions |
| Les textes n'engagent que leurs auteurs. Tous droits
de reproduction réservés pour tous pays, pas d'utilisation
commerciale sauf autorisation écrite de l'auteur. |
| Site programmé par Gogdog.com |
| Janvier 2001-Septembre 2010 |
|