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Paul Dirckx & l'O.S.B.
Le métier d'écouter & analyse des faits socioculturels
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A la question de savoir si, malgré une tradition qui crée des réflexes peu propices à l'analyse scientifique de la Belgique ou en tout cas peu susceptibles de légitimer cette analyse, celle-ci est possible ou non, il me semble que la réponse est "oui",
1] à condition que cette analyse inclue dans sa démarche même, dans sa réflexion sur tel ou tel aspect de la Belgique, sa propre critique, notamment concernant ses liens de dépendances spécifiquement belges à l'égard des domaines politique[s], religieux et culturel [linguistique]; cela reviendrait à accepter vraiment ce que tout chercheur accepte tacitement, l'incompatibilité de son point de vue avec le point de vue politique, religieux, linguistique;
2] à condition qu'elle se fonde sur un matériau suffisant dans toutes les sciences humaines, où seraient donc créées des symbioses/synergies entre différentes chercheurs de disciplines distinctes, où ces synergies seraient institutionnalisées [budget propre, revue[s], colloques internationaux, interventions dans la presse et autres médias, édition des résultats pour les citoyens intéressés, c'est-à-dire virtuellement pour tout un chacun, etc]
En effet: on est devant une situation préoccupante dans plusieurs disciplines:
- approche microscopique, microrégionaliste, manque de beaucoup de travaux sociologiques, historiques, linguistiques, etc;
- Belgique = la plupart du temps un prétexte, un "cas" devant illustrer telle ou telle théorie légitime/dominante ou à vocation de domination;
- pas de lieux de rencontres interdisciplinaires.
Tant qu'il n'y aura pas un centre de recherche autonome qui travaillera sur les effets sociaux de la Belgique, rien ne changera et les politiques, entre autres, continueront de raconter à peu près n'importe quoi sur le pays et surtout sur ses habitants-électeurs. Les efforts de chercheurs isolés resteront dévalorisés ou soupçonnés d'unitarisme ou de dénonciation des belles structures existant ou de ressentiments, etc. Pour faire bouger quelque chose, il faut donc ne pas compter sur les structures existantes et encore moins sur ceux qui y occupent les meilleurs postes, mais créer une nouvelle institution, un "Observatoire de la société en Belgique — Observatorium van de samenleving in België" [O.S.B.] qui produira un savoir fiable sur la Belgique, sur Dutroux, sur le P S.C., sur la B.D., sur les "communautés", etc., à partir d'une construction nouvelle de ses objets;
3] à condition de considérer qu'il n'y a pas de "tendances lourdes" par rapport à des "spécificités", pas d' "universels" et de "cas d'études" mais que les universels/universaux/généralités/lois s'incarnent toujours dans des objets spécifiques, que les universaux ne se manifestent que de manière spécifique et que, in fine, l'opposition "particulier-général" a peu de sens..."
Paul Dirckx
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