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Sommaire des Petits éditoriaux web:

le 29 janvier 2001, le 30 juillet 2001, le 11 septembre 2001 (Tchao! Manu Chao!), le 13 septembre 2001 (The Strokes, the Arnaque), le 22 septembre 2001 (L'autonomie des expressions), le 6 janvier 2002 (Communiqué Grob) le 20 janvier 2002 (Les bilans musicaux dopés aux cotillons Inrock) le 17 mars 2002 (Fête de la musique, Le festif obligatoire) le 18 mars 2002 (Cantat et Messier, l'affaire) le 24 mai 2002 (Christophe hiératique, médias à ses bottes) le 5 octobre 2002 (La discographie de Peter Kowald à la Médiathèque)
Cantat et Messier, l'affaire


Assurément, sur le vif, l'acte de Noir Désir aux Victoires fait du bien. J'emboîte le pas, j'ai tellement envie qu'il y ait un peu de contestation dans ce monde-là! Mais en examinant toute l'affaire, les éléments de la lettre lue par Bertrand Cantat, les justifications publiées dans Le Monde, un certain romantisme de cette situation s'accentue, avec ses paradoxes et je glisse quand même vers la perplexité.

S'agit-il réellement d'une action contre la marchandisation à outrance de l'expression, d'une opposition à une mondialisation des produits culturels? Pas tellement, ce qui est dénoncé n'est pas la récupération en elle-même, ni l'instrumentalisation fondamentale du culturel par le commercial, mais plutôt un "excès de récupération". Cela relèverait plutôt d'une problématique relationnelle entre employé et employeur. Jusqu'où l'artiste employé peut-il accepter la récupération, le détournement de sa création. Jusqu'où le patron peut-il aller sans attenter à la propriété intellectuelle et à l'intégrité de ses artistes?

L'étonnement devient total avec un peu de recul. C'est vrai que finalement je n'imaginais pas qu'il puisse y avoir, d'une manière ou d'une autre, dissension entre Jean-Marie Messier et quelqu'un de son catalogue, en tout cas pas au point de conduire à un coup d'éclat. Il me semble que tout le monde peut connaître le profil et les intentions de Jean-Marie Messier et qu'en étant signé chez lui on sache à quoi s'en tenir. En signant chez Messier on doit savoir être d'emblée dans la récupération des expressions. Et même sans doute, on devrait savoir que cela implique de collaborer à cette récupération des expressions parc ce genre de patron qui ne souhaite qu'une chose: changer tout en fric.

À la limite, ce qui est dénoncé par Noir Désir comme un excès de récupération pourrait sembler tout à fait normal, justifié: une musique qui fait rentrer tellement d'argent dans les caisses est forcément au service de cette boîte, elle roule forcément pour ce label. N'est-ce pas limpide? Oui, tout se résume à l'ambiguïté d'une position qui voudrait à l'intérieur du système (pour les rentrées d'argent) et à l'extérieur du système (en ce qui concerne l'image, les valeurs symboliques).

Il y a probablement une inadéquation entre l'aspiration à vouloir incarner une contestation, une rébellion, et le genre de langage utilisé. C'est comme si les liens entre position sociale, positionnement politique et langage esthétique pouvaient êtres dissociés et que leur rentabilité respective pouvait se gérer séparément. Vous avez beau avoir une sympathie pour une autre vision sociale du monde, si vous créez une expression qui peut alimenter le marché libéral mondial, et bien vous devrez assumer cette contradiction.

Il faut savoir quand même que beaucoup de musiques ne sont pas, mais alors pas du tout récupérables par Jean-Marie Messier. Que beaucoup des musiciens créateurs de ces musiques non récupérables sont très lucides quant à leur situation, quant à l'état économique et politique du monde, et que beaucoup d'entre eux font le choix de vivre à l'écart des promesses de grand succès que peuvent promettre les grands labels. Ils sont en revanche en accord avec leur position dans le champ et leur choix esthétique.

Le cas de Zebda qui dans Le Monde se déclare solidaire de Noir Désir renforce le malaise. Attitude et engagement politique impeccables mais musique sans intérêt, parfaitement commerciale. Ça ne peut pas coller longtemps. En même temps ça révèle un malaise: la difficulté à mettre en phase engagement politique et engagement esthétique. Un engagement politique affiché progressiste peut-il s'accommoder d'un engagement esthétique conservateur, allant dans le sens du marché dominant? D'une manière ou d'une autre l'un des deux aspects doit se trouver en porte-à-faux.

Cfr. Article dans Le Monde du 14 mars 02

Consulter:
www.lemonde.fr
www.noir-desir.fr.fm


PH
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Disco Graphie - n26 Disco Graphie n°26
Les lieux du crime

"SOMMAIRE IN PROGRESS"

Sommaire : Editorial - Pierre Hemptinne. Ce que l'on écoute - Alberto Nogueira (A suivre...) Consommation et démocratie - Alberto Nogueira (A suivre...) Lieux du crime: quelle prévention? Par exemple: en parler dans les écoles artistiques! - Pierre Hemptinne. "Seule dans les chants". Un CD solo de Joane Hétu, saxophone alto, voix, paroles et musique. - Pierre Hemptinne. Discographie de Joane Hétu Expression singulière et monde commun (Sur le saxophone solo) - Luc Lebrun Le bruit du monde - Luc Lebrun

Disco Graphie: "La revue Anti-fun".

Août 2002.

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