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petit éditorial web
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Intervention dans la cadre d'un colloque: "Utopies du lieu commun II
Les Arts: quelles visions nouvelles de leur intégration dans la cité?"
à l'initiative de Claire Lejeune

Colloque organisé par le Centre Interdisciplinaire d'Etudes philosophiques de l'Université de Mons-Hainaut (CIEPHUM, asbl), en partenariat avec la Ville de Mons.
Les 20, 21 et 22 septembre 2001.

www.umh.ac.be/ciephum

Les actes du colloque seront publiés pour la fin de l'année 2001.

Sommaire des Petits éditoriaux web: le 29 janvier 2001, le 30 juillet 2001, le 11 septembre 2001 (Tchao! Manu Chao!), le 13 septembre 2001 (The Strokes, the Arnaque), le 22 septembre 2001 (L'autonomie des expressions), le 6 janvier 2002 (Communiqué Grob) le 20 janvier 2002 (Les bilans musicaux dopés aux cotillons Inrock) le 17 mars 2002 (Fête de la musique, Le festif obligatoire) le 18 mars 2002 (Cantat et Messier, l'affaire) le 24 mai 2002 (Christophe hiératique, médias à ses bottes) le 5 octobre 2002 (La discographie de Peter Kowald à la Médiathèque)
L'autonomie des expressions,
conductrice des utopies socioculturelles, soluble dans la marchandisation et les logiques de champ

Pierre Hemptinne

L'approche: comment cadrer le thème annoncé de mon intervention

L'angle d'approche que j'ai choisi pour "témoigner" dans ce colloque, est celui des "expressions autonomes"... j'entends par là des expressions qui subissent relativement peu d'interventions extérieures au niveau de leurs modes de productions, de formulations et d'orientations esthétiques, qui ont encore été peu instrumentalisées par les systèmes de valeurs ajoutées, et qui sont en prise directe avec les problématiques et thématiques sociales qu'elles reflètent dans leurs positions artistiques... (je dis aussi "expressions indépendantes", "expressions minoritaires"...)

J'attribue à cet état d'autonomie des expressions une fonction "conductrice d'utopies"... Qu'est-ce que j'entends par là? – Je pense que ce qui est nécessaire est la confrontation, dans sa vie de citoyen, au quotidien, avec ce phénomène permanent de créations de nouveaux langages, et ce phénomène a des effets plus féconds, riches, turbulents, diversifiés, interpellant quand on le prend au niveau de son maximum d'autonomie, en émergence, en "coups d'essais", lorsque les expressions jeunes ne sont pas encore stabilisées dans les échelles de valeur, qu'elles ont encore tout à prouver... Le rapport le plus immédiat avec ces expressions "en train de se faire", "en train d'essayer des nouveaux langages", "en train de prendre des risques" est très productif en termes de créations de solutions sociales, relationnelles, économiques, très stimulant au niveau des imaginaires, de la capacité à penser des possibles, projeter des avenirs...tout simplement parce que c'est une culture en devenir, en mouvement, qui n'a encore rien de figé..

Mon champ de compétence...
D'où je parle...


Pour donner une idée quantitative du champ de production appréhendé par le travail de la Médiathèque, voici quelques chiffres. L'année passée, nous avons acquis:

4.252 titres en rock
2526 titres en jazz
1286 titres en blues, rap, funk
2000 titres en musiques traditionnels & world

Il reste à établir, en parallèle, la pauvreté de ce qui est présenté dans les médias et chez les disquaires, donc la pauvreté de ce qui est pris en charge par le marché dominant. A titre indicatif, si on lit les "tops" et "choix étoilés" du journal Le Soir, par exemple, les uns reflet des ventes et les autres reflet d'une sélection professionnel de ce qui est jugé le plus intéressant et représentatif, on arrive à quelques centaines de titres par année, tous genres confondus. Et encore, les "tops" et "choix étoilés" recouvrent souvent des choses semblables. Les "bilans" que les journaux publient en fin d'année et qui tendent à signaler les titres marquants et représentatifs de l'année écoulée ciblent quelques dizaines de titres tous genres confondus. Implicitement, ces titres sont présentés comme la synthèse d'une production annuelle, comme ce qu'il convient d'écouter pour s'estimer au courant des "bonnes choses".
Il y aurait donc un déficit dans le système d'information sur les expressions musicales. Hypothèse à examiner en considérant la chose suivante:

En travaillant à la Médiathèque, au niveau de la gestion des contenus – constitution du patrimoine, relations aux publics - on accède à un aperçu très tangible:

De l'ensemble de ce qui se produit comme musiques à la surface du globe
De ce qui émerge sur le marché dominant, dans les médias, ce qui fait fonctionner le commerce
De ce que demandent les publics, des différenciations sociales des publics selon la formulation de leurs demandes et de leurs réactions socioculturelles à ce qu'ils ne connaissent pas...

Ce statut privilégié d'observatoire professionnel des expressions, constitué par la Médiathèque, gagnerait beaucoup à être constaté, vérifié scientifiquement et ensuite exposé publiquement par toute une série de chercheurs, universitaires et journalistes. Il ne devrait pas exister de flou concernant ce genre de chose et les défaillances dans les systèmes d'information doivent être examiné avec rigueur, sérieux. L'outil "médiathèque" devrait permettre cette expertise. Et celle du constat suivant:

Le constat

Je constate qu'il y a un grand décalage, de plus en plus grand, entre ce qui se crée réellement – matière complexe, très diversifiée, en ébullition, dans tous les sens, que l'on trouve à la Médiathèque - et ce qui occupe le marché, alimente le commerce et remplit les esprits – en général stable, facile, confirmé, familier.

La production de nouvelles musiques n'a jamais été aussi grande et porteuse de différences, de points de vue différents. Pourtant, la tendance des majors est plutôt de fonctionner avec des catalogues de plus en plus réduits, limités, concentrés sur moins de titres mais rapportant plus. Parallèlement on observe sur le long terme une tendance des publics, à travers leurs demandes et réactions en médiathèque, à éprouver de plus en plus de difficultés face aux expressions qui leur sont inconnues. Les aptitudes à décoder sont à l'abandon, l' effort pour déchiffrer le nouveau n'a pas la cote. Si on effectue un travail de sensibilisation aux différences culturelles, avec des moyens excessivement faibles, comme on s'échine à le faire à la médiathèque, et qui portent ses fruits sur de petits noyaux de curieux, dans l'ensemble, il ne faut pas se le cacher, l'intolérance face aux expressions différentes, minoritaires, ne fait que croître. La société actuelle, même si elle met de la world music partout, distille une culture de l'intolérance.

Le marché – dans son ensemble, ses composantes commerciales comme celles institutionnelles- ne communique pas aux publics l'état réel des expressions aujourd'hui. Il y a sélection, il y a filtres. L'essentiel de ce qui semble passer à la trappe représente la quasi totalité des expressions autonomes, indépendantes, minoritaires, celles-là même qui sont indispensables pour le renouvellement de la créativité (c'est souvent les formes les plus expérimentales qui trouvent les filons exploités par les formes plus conventionnelles) et surtout pour maintenir un environnement socioculturel pluraliste, diversifié, ouverts sur les différences.

Avant d'aborder les questions de "nouvelles visions de l'intégration des arts dans la cité", je voulais exprimer ce constat de la manière la plus explicite: "les nouvelles expressions musicales ne sont pas intégrées à la vie de la cité".

Il n'y a:

Pas de publics, pas d'efforts ni de volonté pour construire des publics...
Pas de lieux, pas de volontés de créer ces lieux et de donner les moyens de les fonctionner
Pas d'organe d'information ou d'éducation qui se ...
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Disco Graphie - n26 Disco Graphie n°26
Les lieux du crime

"SOMMAIRE IN PROGRESS"

Sommaire : Editorial - Pierre Hemptinne. Ce que l'on écoute - Alberto Nogueira (A suivre...) Consommation et démocratie - Alberto Nogueira (A suivre...) Lieux du crime: quelle prévention? Par exemple: en parler dans les écoles artistiques! - Pierre Hemptinne. "Seule dans les chants". Un CD solo de Joane Hétu, saxophone alto, voix, paroles et musique. - Pierre Hemptinne. Discographie de Joane Hétu Expression singulière et monde commun (Sur le saxophone solo) - Luc Lebrun Le bruit du monde - Luc Lebrun

Disco Graphie: "La revue Anti-fun".

Août 2002.

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