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La discographie de Peter Kowald à la Médiathèque
Edito Web du 5 octobre 2002
Alberto Nogueira
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Il est bassiste, un des fondateurs d'une nouvelle manière d'être en rapport et en réponse à la modernité post-Be-Bop, photographié par Nan Goldin dans un lit, je suppose le lit de Nan elle-même, personnage de confrontation permanente avec sa contrebasse, son lit, son endroit, sa respiration peut-être, confrontant tout avec un regard frontal, lié sans doute à la volonté d'affirmer ce qui souvent lui échappait, la certitude, celle qu'il n'a sans doute jamais eue. C'est d'expérience en expérience, plutôt de tentative en tentative que cet habitant qui ne concevait pas la société comme une "cité-jardin" a touché l'expression musicale, avec une intensité non seulement des doigts - c'est déjà beaucoup un doigt, des doigts - mais aussi de la mécanique du bras lié au tronc, à l'organe de pulsation de la circulation de ce qui s'appelait à l'époque, les années 60, le Free Jazz fait en Europe. Identité (?): celle de suivre le mouvement américain en ajoutant aux phénomènes préoccupants de la vie aux Usa ceux qui, en Europe, entraient dans la conscience d'une nouvelle génération, celle de Helma-Sanders Brahms, Peter Handke, Pina Bausch, Margarethe Von Trotta, Peter Brötzmann, Alex Von Sclippenbach, Anselm Kiefer, Gerhard Richter, Heiner Müller, comme aussi celle de Ulrike Meinhof et Andreas Baader. Cela veut dire que la musique se confrontait au politique, à la nécessité de dire d'une autre façon et par une autre forme musicale ce qu'il était nécessaire de clarifier, surtout en (aujourd'hui ex-) Allemagne Occidentale, à l'époque encore territoire des Wessis. Le politique, à cause de sa permanente stratégie, a toujours besoin d'être interprété; chez Kowald, et d'autres de la même génération, la pratique du politique a besoin de clarté, de clarification.
Les problématiques nous viennent énoncées, sont précipitées dans le jeu du bassiste, sont mises en constante tribulation. Il y a une consommation d'énergie qui le propulse au sérieux de la figure, à l'écoute des moteurs qui l'entourent, sans prononcer des formalismes ni des intensités inadéquates. Une subjectivité liée aux muscles par un défaut d'anxiété. Un Joseph Beuys de la basse: une interrogation égale, un projet pour ne pas faire écraser le mental, pour ne pas contribuer à la perte de cette chose unique qui demeure malgré que nos sociétés fassent tout pour la détruire, avec l'acceptation de ceux qui préfèrent corroborer qu'interroger.
Alberto Nogueira |
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